70. Hommage à Benoît devant le Cosigüina

  • Rendre hommage à Benoît en grimpant le volcan Cosigüina

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    An image showing Benoît Lefebvre, mon grand ami, mon compagnon de tour du monde, s’est éteint samedi dernier, le trente décembre 2017, emporté par une avalanche.
  • Le stop en plein cagnard

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    An image showing Nous sommes le premier de l’an et nous sommes dans une zone très peu desservie par des bus. Tout commence donc par un stop. Parti vers midi, je suis en plein soleil. Et pas un nuage. Il faudra bien s’hydrater et puiser dans les cinq litres d’eau prévus pour l’excursion.
  • À toute blinde à l’arrière des jeeps

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    An image showing Au Nicaragua, les jeeps s’arrêtent. Même pleine à craquer, on trouve toujours de la place à l’arrière.
  • L’église de Cosigüina

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    An image showing Deux stops me rapprochent à une heure de Cosigüina. Je finirai à pied : je m’arrête pour adresser une prière pour Benoît.
  • Il faut se dépêcher !

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    An image showing Quinze heures ! Je quitte enfin la route pour suivre le chemin du volcan. MAPS.ME m’indique trois heures de marche. Cela me fait arriver juste à la tombée de la nuit. Il ne faut pas traîner ! Je presse le pas et ferai très peu de pauses, qui seront quant à elle très rapides.
  • La vie rurale

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    An image showing Sur mon chemin, des vaches, des chevaux, des porcs, en troupeau ou solitaire, les villageois vivent encore de petits élevages. Je suis ce chemin de sable noir qui fait également office de chemin de ferme.
  • Le chant des oiseaux

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    An image showing Dans les sous-bois, j’aperçois des lézards qui disparaissent furtivement à mon arrivée, des papillons, des tyrans quiquivi, des geais à gorge blanche, des passereaux rouges non identifiés et des perdrix locales (des colins ?). Les chants des oiseaux agrémentent ma balade, tout comme ces jolis arbres jaunes du Nicaragua.
  • Randonnée en forêt

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    An image showing Le sentier s’avance au coeur del Bosque Seco Tropical, la forêt sèche tropicale. Le chemin est bien dégagé, la randonnée en sera plus facile.
  • Des braconniers sur la route

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    An image showing Je passe une sorte d’abri, continue mon chemin. Puis je lève la tête et aperçois un cheval blanc. Tiens, je ne suis pas seul sur le volcan. Je continue d’avancer pour voir à qui j’ai affaire. Je découvre une scène digne d’un film d’horreur : une quinzaine de reptiles et un volatile de type perdrix gisent sur le sol. Certains se débattent, je les identifie enfin comme étant des iguanes. Je visionne intégralement la scène : un gamin accroupi devant un fusil de chasse, un chien qui commence à aboyer méchamment après moi, retenu immédiatement par un homme, un autre gosse qui tient le cheval blanc et enfin un dernier homme qui tient une deuxième monture chargée de paniers, remplis de je-ne-sais-quoi. Je reconnais directement leur activité : ils sont en train de braconner, chose littéralement interdite dans le parc. En espérant qu’ils ne m’arrêteront pas, je fais mine de poursuivre la route évitant le groupe, ma main toujours proche de mon Opinel, et cela passe. Ouf ! Il est 17h20 et je suis encore à deux cents mètres d’altitude plus bas que le mirador. Cela semble possible.
  • Quelle mouche m’a piqué ?

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    An image showing Je continue. Il est 17h30 et un insecte me fonce dedans. Par réflexe, je l’éloigne de la main. Je sens que je me suis fait piquer. Pire : je retire de mon visage un morceau solide que j’identifie comme étant le dard. Mais mince, ce n’est pas ma veine. Je suis seul au milieu de nulle part et panique un peu, n’ayant aucune idée des conséquences possibles de cet assaut. J’accélère vers le refuge, je n’ai aucune confiance dans les braconniers, espérons que quelqu’un soit là-haut.
  • Le coucher de soleil

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    An image showing 17:52 : Enfin j’atteins le mirador. La vue est très jolie : je vois les volcans et monts du El Salvador et du Honduras d’un côté, le lac du volcan en-dessous, et de l’autre côté, un splendide coucher du soleil sur l’océan Pacifique, pendant que la lune se reflète dans le golfe de Fonseca entre les trois pays. La vue en vidéo :
  • Recueillement et petit souvenir

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    An image showing Je prends le temps d’une prière pour Benoît.
  • L’heure de la pitance

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    An image showing Éclairé d’une pleine lune intense, je peux rentrer facilement au camp. Je passerai la nuit seul, avec le soutien de Benoît. Je mange le thon aux légumes avec des nachos (fromage et épicés) qui font office de cuillères. Cela a l’avantage de ne nécessiter aucun matériel et d’être nourrissant.
  • Réveil très matinal

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    An image showing Après une nuit en hamac à la belle étoile, éclairée par une pleine lune qui brille intensément et réveillé par les bruits des animaux nocturnes, je me retourne et refuse de sortir de mon duvet. 5:30 du matin, c’est tôt quand même.
  • Le lever du soleil

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    An image showing Je traîne. Mais il me faut grimper pour voir le lever du soleil ! Et il vaut le coup, le voici en accéléré :
  • Objectif : le tour du cratère

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    An image showing Même si le chemin est absent de ma carte, je décèle les traces d’un sentier dégagé qui semble-t-il fait le tour du cratère du volcan de deux kilomètres. Je me dis qu’en deux-trois heures, cela devrait le faire. Surtout que des bouses de vache sèches indiquent que même des ruminants peuvent suivre la voie. Je suis le sentier, qui n’a pas été débroussaillé. Il fait tellement chaud que je dois retirer ma polaire et laisser mes bras aux ronces et autres épines présentes sur le chemin.
  • Lac de Cosigüina

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    An image showing Les chemins sont toujours sinueux et la végétation toujours plus hostile. Je prends de la hauteur, admire régulièrement le lac sous d’autres angles.
  • Escalade de rocher

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    An image showing Une heure plus tard et je me retrouve devant un bloc de rochers qu’il me faut escalader.
  • Faire des pauses au sommet

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    An image showing Je suis sur le flanc le plus haut du cratère et dont la pente est très abrupte. J’ai besoin de prendre une pause.
  • L’arbre parfait

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    An image showing Il est huit heures exactement et je suis nez-à-nez avec un arbre dont l’emplacement est parfait. Il est à 858 mètres d’altitude, moins de quinze mètres du point culminant et donne sur l’océan Pacifique d’un côté, les trois pays du Golfe du Fonseca de l’autre et en-dessous le lac. Un deuxième bracelet sera très bien ici !
  • Trop risqué

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    An image showing Je passe l’endroit le plus haut. Mon téléphone me donne 866 mètres. Génial mais après une heure et demie de chemin, je n’ai traversé qu’un quart du volcan. Le chemin est de moins en moins marqué, toujours aussi pentu. Je sens d’un coup une baisse de motivation, de force en solo. Je renonce ! Peut-être qu’avec Benoît, nous l’aurions fait, mais je préfère être raisonnable.

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